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Le Temps de Broder

Au décours de mes déambulations sur Internet et plus particulièrement sur Instagram, j’ai eu le plaisir de croiser des informations sur la broderie or.

Si l’histoire de cette technique vous intéresse et que l’article sur  »la broderie or au Moyen-Age » (ICI) vous a plu, alors n’hésitez pas à visiter le site :

https://www.letempsdebroder.com/

Ce superbe site se résume lui-même ainsi :

Conçu pour les brodeuses à l’aiguille agile, ce nouveau site vous propose des modèles de qualité à exécuter. Choisis avec soin, souvent traduits, ils viennent d’artistes du monde entier.

La variété des techniques, des thèmes, des influences permettra à chacune d’y trouver son bonheur, ou de faire de belles découvertes.

Les modèles sont accompagnés d’articles sur l’histoire de la broderie, ses techniques, son impact social, etc. Vous y trouvez aussi des portraits d’artistes ou d’associations et toute une liste d’actualités (livres, Salons, lieux de formation, etc.).

Parmi les articles concernant la broderie or, vous y retrouverez celui du mois de janvier dernier sur  »La vie de Saint Martin » et celui du mois de juillet « Opus teutonicum »… Et vous pourrez même y lire un article sur les aiguilles parmi tant d’autres sujets.

Pour celles qui cherchent de jolis modèles que l’on n’a pas vus et revus, je suis certaine que vous trouverez votre bonheur en visitant la rubrique  »Modèles » .

J’ai particulièrement aimé me balader dans la rubrique  »Portraits  » qui permet de découvrir des artistes pas forcément très connu(e)s mais qui pour autant réalisent de superbes broderies.

Je vous laisse le plaisir de découvrir « Le temps de broder » qui sera, j’en suis sûre, un agréable passe-temps entre deux moments de broderie.

Bonne lecture.

Matériel de broderie

Les différents types d’aiguille

Les tailles des aiguilles vont de 1 à 26.

Plus le numéro de l’aiguille est élevé, plus elle est fine.

Commençons par les aiguilles à bout pointu :

  • Aiguilles Patchwork : fines, courtes, à bout pointu et à chas rond.
    A utiliser pour le patchwork, le boutis
  • Aiguilles longues (sharp) ou demi-longues : fines, longues, à bout pointu et à chas rond
    A utiliser pour la couture ou la broderie (traditionnelle, broderie blanche, peinture à l’aiguille, …)
  • Aiguilles à perles : très fines et très longues
    A utiliser pour enfiler des perles
  • Aiguilles mode : très longues, à chas rond
    A utiliser pour faire des plis, travailler avec des perles, pour fabriquer des chapeaux, très utiles pour bâtir.
  • Aiguilles à repriser : longues, grosses, chas long
Aiguilles à bout pointu : aiguilles à courtes à patch, aiguilles longues, aiguilles très fines et longues pour les perles

Passons maintenant aux aiguilles à bout rond :

  • Aiguilles tapisserie sans pointe : aiguille grosse, à chas long et à bout rond
    A utiliser pour le canevas, pour le travail à laine
  • Aiguilles à broder : aiguille moyenne à chas long et à bout rond
    A utiliser pour le point de croix, le Hardanger et les ouvrages à point compté
  • Aiguilles ruban ou chenille : aiguille à chas très long
    A utiliser pour la broderie au ruban ou à la chenille
  • Aiguilles à bout rond et chas rond : Ce type d’aiguille est peu courant mais bien utile pour travailler les jours par exemple
Aiguilles à bout rond : aiguilles à tapisserie, aiguilles bout rond et chas rond, gros pieux pour la travailler la laine

Pour rédiger cet article et vous proposer ces deux photos, j’ai fouillé dans mes fournitures mais je vous recommande plutôt ce site qui offre un visuel de chaque type d’aiguille avec une explication sur son utilisation :

https://www.petitcitron.com/techniques-de-couture/les-aiguilles-a-coudre

J’espère que ce tour d’horizon vous permettra de choisir plus facilement l’aiguille adéquate pour vos ouvrages.

Matériel de broderie

C’est la mère Michèle qui a perdu son chas

Dans le précédent article (ICI), nous avons abordé l’histoire de l’aiguille et je vous avais promis de passer à la pratique :

Comment choisir son aiguille ?

Le rôle de l’aiguille est de transpercer le tissu pour amener le fil de l’autre côté. Cette approche est vraie mais j’y rajouterais une notion importante, à savoir que :

Le trou fait par l’aiguille dans le tissu doit être plus gros que le diamètre du fil.

La raison en est simple, si votre trou est plus large que votre fil, cela réduit le frottement du fil contre le tissu et donc cela réduit l’usure de votre fil. Vu le nombre de fois où votre fil traverse votre tissu au cours d’une aiguillée, cet argument prend toute son importance. Il en découle une autre notion tout aussi importante : la longueur de votre aiguillée. En effet, si vous travaillez sur une toile serrée en broderie traditionnelle ou en peinture à l’aiguille par exemple, et si vous voulez que votre fil garde un aspect correct jusqu’au bout

votre aiguillée ne doit pas excéder une coudée .

Bon, voilà déjà deux indices mais nous n’avons pas encore retrouvé le chas de la mère Michèle. Doit-on chercher un chas rond ou un chas long ?

Là aussi, tout dépend du fil que vous allez utiliser.

Si vous brodez avec un fil rond, il est impératif d’utiliser une aiguille à chas rond.

L’aiguille du haut est à bout pointu et chas rond. L’aiguille du bas est à bout rond et chas long.

L’exemple typique est le fil perlé. Les aiguilles à chas long le détordent et l’abiment définitivement : à bannir.

L’aiguille en haut est une aiguille à chas rond. Celle du bas, qui a un chas long a détorsadé le fil perlé.

Autre avantage du chas rond, il réduit le frottement du fil à l’intérieur du chas et donc l’abîme moins, d’où ma préférence du chas rond pour travailler avec du perlé, avec un brin de mouliné, avec de la soie ou de la rayonne.

Autre piège à éviter, toutes les aiguilles vendues pour « Aiguilles à broder » sont des aiguilles à chas long car elles sont vendues pour le point de croix mais pas pour la broderie traditionnelle. Si vous cherchez des aiguilles à chas rond, dirigez-vous plutôt vers les aiguilles à coudre pour trouver votre bonheur.

L’autre choix essentiel est l’autre bout de l’aiguille : doit-il être pointu ou rond ?

L’aiguille à bout rond est utilisée pour piquer dans les trous du tissus.

Pour les broderies à point compté, point de croix, Hardanger entre autre, il faut piquer entre les fils du tissu. L’aiguille à bout rond glisse sur les fils du tissu et permet de se placer dans le trou. A préciser que les aiguilles à bout rond ont généralement un chas long.

L’aiguille à bout pointu est utilisée pour piquer dans la toile.

Pour toutes les techniques où l’on doit piquer à un endroit précis dans le tissu, il est important de choisir une toile à trame très serrée et une aiguille à bout pointu. Cela concerne entre autre la broderie traditionnelle, la peinture à l’aiguille, la broderie blanche. Et un chas rond est préférable.

En résumé :

Point de croix, Hardanger, jours à fils serrés, jours d’Angles : Aiguille à bout rond

Broderie traditionnelle, peinture à l’aiguille, broderie blanche, broderie crewel : Aiguille à bout pointu et chas rond

La prochaine fois, on parle des différentes catégories d’aiguilles avec leur petit nom.

Matériel de broderie

Ca pique !

En cours, j’ai entendu maintes fois cette question :  »Quelle aiguille dois-je prendre ? » ou  »Pourquoi dois-je changer d’aiguille, elle va bien la mienne, d’ailleurs je n’ai que ce modèle ? ».

Entrez dans une mercerie et prenez le temps de regarder le présentoir à aiguilles. Vous en trouverez des petites et des grosses, certes mais pas que cela. Certaines sont pointues, d’autres à bout rond. Certaines sont longues, d’autres sont courtes. Certaines ont le chas rond, d’autres ont le chas long. Autant de différences pour autant d’usages.

Et si on faisait d’abord un petit tour d’histoire. Voici un article que j’ai trouvé sur un site anglais (https://www.ngv.vic.gov.au/the-sewing-needle-a-history-through-16-19th-centuries/) et que je vous livre en français.

L’aiguille a joué un rôle prépondérant dans l’histoire et dans l’évolution de l’homme.

Une des premières histoires faisant allusion à l’aiguille remonte à la Bible quand Adam et Eve ont cousu des feuilles de figuier pour s’en habiller modestement. Le Coran fait référence à l’aiguille comme étant l’un des cinq outils emportés au Paradis par Adam.

Des fouilles archéologiques prouvent que l’aiguille à chas date d’il y a environ 25 000 ans.

L’aiguille est aussi un vecteur social qui en dit long sur le rang social et l’identité de son propriétaire, sur la technologie d’un peuple et sur le transfert de technologie.

Du point de vue marketing, la première publicité imprimée concernant l’aiguille date de 1200 en Chine.

L’évolution de l’aiguille à coudre, entre 1600 et 1900, a fait l’objet de remarquables développements techniques. Le XVIème siècle a été le berceau de nouvelles technologies et a vu de nouveaux commerces se développer en Europe suite aux bouleversements politiques liés à l’invasion arabe en Espagne.

Les espagnols étaient passés maîtres dans la fabrication des aiguilles car ils avaient hérité des secrets de fabrication des artisans arabes puis leurs connaissances se sont transmises aux Germains.

Avant que le savoir espagnol n’arrive en Angleterre, les aiguilles anglaises étaient fabriquées par les forgerons, elles étaient grossières et rugueuses. Au début du XVIème siècle, les anglais ont commencé à importer du fil de fer d’Espagne et d’Allemagne qui est devenu la matière première qui a permis le développement de la fabrication des aiguilles en Angleterre.

A partir de 1567, l’importation du fil de fer ne fut plus nécessaire car l’Angleterre avait elle-même acquis cette technologie. La petite ville de REDDITCH allait devenir célèbre dans le monde entier pour la qualité de fabrication manuelle de ses aiguilles à coudre car ses meules à eau permettaient d’apporter une finition exceptionnelle. La première aiguille conservée fabriquée à Redditch remonte à 1639.

Sous le règne de Charles II, du fait de la mode vestimentaire demandant toujours plus d’ornements et de broderies, la demande d’aiguilles était en forte croissance.

Entre 1600 et 1800, Redditch a produit un million d’aiguilles par an, tant et si bien que la ville était connue et reconnue dans le monde entier au point qu’une ville près de Tokyo fut nommée exprès Redditch afin de pouvoir apposer en toute légalité la mention ‘’Made in Redditch’’ sur ses paquets d’aiguilles. On dit que le chas de l’aiguille de Redditch était si petit qu’un fil moderne ne passerait pas au travers hormis peut-être les fils de suture les plus fins.

Les avancées technologiques ont amené la révolution industrielle et la fabrication de ces petites aiguilles est devenue un métier toxique et dangereux du fait de l’introduction de machines outils à partir de 1828.

En 1824, environ 5 millions d’aiguilles étaient fabriquées à la main par semaine dans la région de Redditch. A partir de 1847, après avoir mis en place les machines outils, le débit hebdomadaire était de 50 millions. Un pointeur était capable de percer jusqu’à 100 aiguilles à la fois sur une meule et il avait un rendement de 10 000 aiguilles / heure.

La pneumoconiose, connue sous le nom de ‘’la pourriture du pointeur’’, était le résultat de l’inhalation de fines particules de métal et de poussières de meule qui allaient se loger dans les bronches. Les autres risques fatals étaient les coupures très graves liées au tranchant de la meule et la cécité liée aux échardes de métal qui pouvaient se loger dans l’œil du pointeur. En outre, pour empêcher la rouille, les aiguilles étaient roulées dans de la poudre d’amiante dont on connaît aujourd’hui tous les dangers pour les poumons. L’espérance de vie d’un pointeur était de 35 ans, soit cinq à six ans de travail dans l’industrie de l’aiguille avant que n’apparaisse la maladie.

L’aiguille au cours de ces 400 ans a évolué dans son apparence. Vers 1600, elle était exotique, il s’agissait d’un objet rare et précieux, elle était conservée et admirée comme un trésor. Elle reflétait le succès d’une industrie artisanale. Une aiguille d’or ou d’argent était un cadeau d’une très grande valeur que l’on rangeait dans une poche elle-même rangée dans une ceinture à la taille de la maîtresse de maison.

Avec l’arrivée de la révolution industrielle, l’aiguille est devenue un objet de première nécessité pour la ménagère, un objet commun à portée de bourse et de main qui en ont fait un objet négligé en regard du travail demandé pour le produire.

Cependant,  ce petit outil de génie a permis aux hommes de créer les vêtements nécessaires à la survie. Il s’est diversifié et a progressé à travers les siècles, a été un objet d’échange et une arme formidable de commerce établissant un lien entre les continents et les cultures.

Voilà l’article est fini.

Pour le compléter, pourquoi pas visiter la seule fabrique d’aiguilles à coudre en France : la manufacture BOHIN située en Normandie à Saint Sulpice sur Risle (61300) qui est référencée patrimoine culturel. Personnellement, je n’ai pas eu la chance d’y aller mais je le garde dans un coin de la tête.

La Manufacture Bohin – St Sulpice sur Risle
Photo tirée du site de Bohin – Création du chas pour deux aiguilles tête bêche
La Manufacture Bohin – St Sulpice sur Risle
Photo tirée du site de Bohin – Travail de la pointe des aiguilles
La Manufacture BOHIN – St Sulpice sur Risle
Photo tirée du site de Bohin – Tri des aiguilles

Dans le prochain article, on rentre dans le vif du sujet : A quoi ressemblent et servent les petites, les longues, les pointues et les qui piquent comme dirait Pierre PERRET.

Matériel de broderie

Petit complément à la décalque

Dans le dernier article, nous avons parlé décalque et nous avons passé différentes solutions en revue (ICI).

J’ai vu à plusieurs reprises dans différents blogs l’utilisation des stylos FRIXION Ball de chez PILOT. Je ne mettrai pas de photo, je crois que je viens déjà de faire une bonne publicité… Ces stylos ont une encre spéciale qui, sur du papier, s’efface avec l’embout du capuchon.

Personnellement, je m’en suis beaucoup servie pendant le confinement pour réutiliser les attestations de déplacement, sachant que c’est illégal mais que je ne conçois de jeter autant de papier pour n’améliorer en rien la situation au final. (Je précise que je n’ai pas internet sur mon téléphone).

Sur du tissu, avec ce stylo, si vous passez un coup de fer à repasser, le trait disparaît et si vous le mettez au congélateur, il réapparaît. C’EST MAGIQUE !

Bien évidemment, lors des cours de broderie, la question piège est vite tombée :

Et dans le temps, ça donne quoi ?

Ben oui, vous pouvez mettre du sel dans de l’eau, vous chauffez et … C’EST MAGIGUE ! Vous ne voyez que l’eau mais, pour autant le sel n’a pas disparu et votre eau est définitivement salée.

Conclusion, Y’A SUREMENT UN TRUC ! D’ailleurs, il y a un physicien, M. LAVOISIER, qui a dit  »Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

Faute de pouvoir vous donner une réponse avec plusieurs années de recul, je vous soumets une photo :

Je vous explique : j’ai mis en route un ouvrage sur tulle et j’ai choisi de le décalquer avec un stylo FRIXION mais ma décalque était mal centrée. La solution était donc de passer un coup de fer à repasser et de recommencer.

Oh surprise, certes, en haut, la couleur bleue a disparu et, suivant la lumière, effectivement on ne voit plus rien… mais suivant la lumière, on voit encore nettement le tracé et celui-ci ne disparaîtra à priori jamais, voire même se renforcera.

Conclusion, prudence avec les stylos FRIXION et n’oubliez pas :

VOTRE TRACE DOIT ETRE LE PLUS LEGER POSSIBLE ET DOIT ETRE RECOUVERT PAR LA BRODERIE.

Sur ce, BONNES FETES A VOUS TOUS ET TOUTES, profitez de vos proches et n’oubliez pas de vivre, et éventuellement de broder.

A l’année prochaine.

Matériel de broderie

Décalquer

Voilà une étape incontournable en broderie, la décalque.

Comme vous vous en êtes déjà certainement aperçues,

Un motif bien décalqué est une broderie bien partie

Je vous propose de passer en revue quelques méthodes de décalque car on ne peut pas toujours appliquer la même selon le contexte.

Oups, avant de décalquer, il ne faudrait pas oublier quelques étapes essentielles.

  • Votre tissu est-il coupé dans le droit fil ?
  • Avez-vous calculé les marges pour coudre, encadrer ou autre ?
  • Avez-vous marqué le centre de votre tissu (au fil de préférence) ?
  • Avez-vous marqué le centre de votre dessin ?

C’est bon ? Tout va bien, alors on reprend la décalque.

Une précision d’importance au sujet des critères de qualité d’une bonne décalque :

Lorsque vous décalquez, le trait doit être net, d’un seul jet, le plus fin possible et il doit respecter la logique du dessin. Votre broderie doit recouvrir le trait.

Je m’explique, cette pauvre deuxième coccinelle n’arrivera jamais à voler si vous décalquez des morceaux d’ailes et de corps. Chaque partie du corps est un tout et doit le rester. Je vous laisse jouer au jeu des 7 erreurs.

Maintenant, on passe au différentes méthodes pour décalquer.

1ère solution : votre tissu est transparent

Voilà une bonne nouvelle, le tissu transparent facilite bien la tâche ! Vous alignez le centre du dessin et le centre du tissu, vous épinglez et vous repassez les traits au crayon à papier. Choisissez un crayon pas trop gras, bien aiguisé et n’appuyez pas trop.

2ème solution, la fenêtre

Votre tissu n’est plus assez transparent une fois sur la table, et bien scotchez le tout sur la fenêtre et décalquez par transparence.

3ème solution : le carbone

Décalquez votre motif sur du papier de soie au crayon à papier ou sur du papier calque 70 g qui est relativement fin. Centrez et épinglez votre décalque sur le tissu et glissez une feuille de carbone entre les deux, face noire contre le tissu. Repassez votre dessin avec un stylo à bille à mine fine.

Il existe des carbones tissu rouges, blancs et bleus. Attention, ils sont difficiles à utiliser car il faut beaucoup appuyer pour que le carbone marque.

Plus votre tissu est fin et régulier, plus c’est facile de décalquer au carbone.

4ème solution : la décalque au fil

Quand le tissu est trop mou (genre lainage) pour utiliser un stylo ou trop foncé (genre jean bleu foncé) pour voir le trait ou que le trait ne tient pas (genre velours ras), il reste la décalque au fil.

Vous décalquez le modèle sur du papier de soie, vous le fixez à grands points sur le tissu, vous prenez du coton mouliné de la couleur du motif et vous tracez le motif au point arrière en partant du centre du motif vers l’extérieur. Votre broderie devra recouvrir votre tracé.

5ème solution : le ponçage

Cette méthode est surtout utilisée en haute-couture et en Lunéville. Elle permet de décalquer le même motif rapidement plusieurs fois.

Décalquez votre motif sur du papier calque 90 g. Perforez régulièrement votre dessin tous les 2 mm sur l’envers. Posez le tissu et le calque bien à plat en les maintenant avec des poids. Passez de la poudre à poncer sur le papier calque à l’aide d’un tampon en faisant des gestes circulaires. Soulevez délicatement le calque et, miracle, vous découvrez votre tracé sur le tissu sous forme de petits points de poudre. Vous pouvez souffler doucement pour enlever l’excédent de poudre si nécessaire. Il vous reste à fixer la poudre en vaporisant de loin de l’alcool ménager.

Cette méthode demande un peu d’entraînement pour obtenir un résultat correct.

Vous avez remarqué, je n’ai pas parlé des feutres lavables à l’eau. Tout d’abord, il en existe plein de variétés et bien souvent ils font des traits énormes. Conséquence, sur un trait épais, vous pouvez broder une fois à gauche, une fois au centre puis à droite de votre trait et c’est moche. En plus, les angles deviennent des arrondis et c’est très moche ! Si jamais vous y avez recours, n’oubliez pas de laver votre ouvrage à l’eau froide sinon il sera définitivement marqué.

Peut-être avez-vous d’autres solutions ? N’hésitez pas à partager.

Couleur

Une touche de couleur

Vu l’ambiance morose qui a tendance à régner en ce moment, je ne voudrais surtout pas plomber votre moral alors on va parler des couleurs.

Certaines personnes ont le sens inné du trait et de la couleur… Souvent, ces personnes, vous les retrouvez aux Beaux Arts et cela donne de superbes peintures et dessins. Imaginez-vous : être capable de créer un joli dessin, bien adapté à la broderie et en plus l’animer avec de jolies couleurs.

Vous l’avez compris, cet article ne sera pas un cours magistral sur la couleur, seulement quelques réflexions empruntées à mon vécu.

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de la couleur du tissu de fond et du mariage avec la couleur des fils.

Il m’a été demandé récemment de créer des motifs simples avec des points basiques de broderie traditionnelle en utilisant un tissu et des couleurs  »tendances ». Je suis partie sur l’idée des kamons japonais. J’ai choisi un tissu couleur moutarde et j’ai sélectionné trois couleurs de fils assortis.

Finalement, je me suis ravisée et, au lieu de broder directement sur le tissu moutarde, j’ai pris un morceau de tissu blanc comme brouillon en gardant les trois couleurs de fils, l’idée étant de faire un échantillon.

Horreur, malheur ! Comment juger de la pertinence d’une broderie quand le tissu de fond n’est absolument pas en accord avec la couleur des fils ? Beurk !

Et bien, on recommence : soit avec le bon tissu et on essaie de trouver plusieurs solutions de couleurs, soit on garde le tissu de brouillon et on choisit des couleurs qui se marient avec.

Ayant testé les points sur le brouillon, je suis repartie avec les mêmes couleurs sur le tissu moutarde et là les couleurs prennent vie.

J’ai travaillé d’autres kamons mais sur un fond grège sachant qu’un tissu style jean serait ajouté sur le bord des manches du vêtement, raison pour laquelle j’ai rentré du fil bleu. Nous voilà proches de la couleur du tissu blanc et le rendu me semble bien meilleur.

Morale de l’histoire, si vous choisissez un modèle avec des couleurs données, n’oubliez pas de les changer si vous changez la couleur du tissu de fond.

Oui, mais comment fait-on pour choisir les nouvelles couleurs ?

Faites d’abord confiance à votre pif au mètre. C’est un outil très ancien et donc une valeur sûre (ou presque). Il peut être utile de s’aider d’une roue des couleurs que vous trouverez sur Internet ou que vous pouvez acheter dans un magasin qui vend les fournitures de dessin.

Roue Chromatique - Roue des couleurs

Cette roue dit qu’il y a trois couleurs primaires au centre : rouge, bleu et jaune.

A l’opposé de chaque couleur primaire, se trouve la couleur complémentaire. La couleur complémentaire du bleu est l’orange.

C’est pour cela que j’ai choisi un bleu vert, un bleu clair et un bleu foncé et de l’orange pour le dernier kamon. Attention, la couleur primaire doit être plus présente que la complémentaire.

Toujours à partir du bleu, si on veut partir sur une combinaison de trois couleurs, on ira sur le jaune et le rouge par exemple en suivant les pointes du triangle.

Cette roue est très basique et il ne faut pas oublier que pour chaque couleur, on peut jouer sur les camaïeux qui vont du bleu très clair (la couleur primaire avec beaucoup de blanc ajouté) jusqu’au bleu très foncé (la couleur primaire avec ajout de noir).

On peut aussi ajouter du rouge au bleu pour créer une gamme de violets ou du jaune au bleu pour obtenir une gamme de verts.

Le nombre de combinaisons est infini. C’est sans aucun doute ce qui complique tant le jeu tout en laissant une liberté infinie.

Pour vous aider, il existe sur internet des sites liés aux couleurs. Vous pouvez taper par exemple  »Couleurs assorties au bleu ».

Finalement, comme on a toujours un doute, ma dernière carte reste le vote. Vous invitez la famille, les copines, … et vous demandez aux gens de vous donner leur avis ou de choisir parmi différentes combinaisons.

Amusez-vous bien.

Broderie or·Que faire de ses broderies ?

Un petit tour par l’encadrement

Cela fait quelques temps que nous parlons broderie or et notre ouvrage est fini (ICI).

Fini ? Mais non ! Patience pour finir de broder en soignant son travail jusqu’au bout et patience pour mettre en scène la broderie.

Aujourd’hui, nous allons aborder l’encadrement.

Le choix de l’objet fini doit se faire avant même de commencer la broderie pour déterminer la grandeur de tissu nécessaire.

N’étant pas spécialiste en encadrement, j’ai la chance de déléguer ce travail à mon amoureux et je sais d’avance que le résultat sera cent fois meilleur.

Revenons au calcul du tissu :

  1. Mesurer la broderie
  2. Ajouter une marge de tissu tout autour de 3 à 5 cm (voire ajouter la largeur d’un passe de 3 à 5 cm)
  3. Ajouter 5 à 7 cm de chaque côté pour replier le tissu derrière le carton.

Et là, on s’aperçoit qu’il faut prévoir au minimum 10 à 20 cm de tissu de chaque côté de la broderie.

En encadrement, tout commence par la tension de la broderie sur un carton de fond de 3,25 mm. L’épaisseur du carton est importante pour qu’il ne gondole pas.

Avant de commencer à épingler le tissu sur le carton de fond, vous pouvez glisser un carré de molleton pour donner un aspect bombé si vous le souhaitez.

Premier impératif, s’assurer que la broderie est bien centrée. Piquer la première épingle dans la tranche du carton, en haut et au milieu de la longueur. Placer la deuxième en regard, en bas et au milieu. La troisième sera placée en haut au milieu en partageant l’espace entre le bord gauche et la première épingle et la quatrième au milieu de l’espace à droite, idem en bas. On continue ainsi qu’à poser une épingle tous les 2 cm. Même opération sur les deux autres côtés.

Assurez-vous que la broderie est bien centrée, que le tissu est tendu dans le droit fil et de manière uniforme… et on continue.

Maintenant, on passe à l’étape du laçage. Il faut d’abord préparer les coins. Mettez-les en forme et coupez l’excédent de tissu, épinglez pour maintenir.

Pour lacer , il faut prévoir une très longue aiguillée de fil polyester qui court d’un bord au bord opposé en allers / retours. Bien-sûr, il faut refaire la même opération avec les deux autres côtés, le tout bien tendu. Cette étape est essentielle pour un bon rendu.

La broderie étant travaillée sur un tissu en soie sauvage qui a un joli rendu, je ne souhaite pas mettre de passe ou de cartonnette autour de la broderie qui est donc prête à être installée dans le cadre. Il faut mesurer précisément les dimensions du paquet et aller voir l’encadreur pour choisir la baguette d’encadrement et lui demander de préparer le cadre avec le verre.

La broderie est déposée dans le cadre, c’est bien mais il faut penser à la poussière. Et oui, il faut l’empêcher de rentrer et de tout salir. Et puis, il faut bloquer le verre et la broderie. Donc, une cartonnette sur le laçage, quelques petits clous pour bloquer et du papier craft collant pour sceller l’affaire.

Roulement de tambour…!!!

Cette fois-ci, c’est promis, c’est bel et bien fini !

Broderie or

Destinationite

Encore quelques heures de travail avant le plaisir de voir une broderie finie !

Connaissez-vous ce qu’on appelle la destinationite ?

Ce n’est pas une notion nouvelle. Vous trouverez plein d’articles sur le sujet.

Elle amène deux notions fondamentales :

  • la prise de décisions absurdes
  • Plus nous approchons du but fixé, plus il est difficile de renoncer.

En langage de brodeuse, cela se traduit par : « Yes, j’ai bientôt fini. Il me tarde de voir le résultat. Vite, il faut que je finisse ! ».

Hormis les élèves très minutieuses et patientes qui arrivent à surmonter ce problème, les autres (dont moi-même) voient leur ouvrage avancer et ont hâte de le voir fini. C’est là que commencent les ennuis…

Résultat : les points s’agrandissent, la régularité est moindre, les aiguillées sont plus longues et donc le fil s’abîme, se glisse une erreur de couleur, on coupe le mauvais fil quand il s’agit de jours, on travaille trop longtemps et on perd en concentration, et j’en passe….

Il m’a fallu des années pour accepter de prendre le temps jusqu’à la fin, jusqu’au dernier point de l’ouvrage… Et je lutte toujours…

Donc, quand on brode, il ne faut surtout pas compter les heures ou regarder le travail qui reste à faire mais simplement réfléchir à chaque étape puis prendre le temps nécessaire pour broder toujours aussi régulièrement, un motif après l’autre jusqu’au dernier point.

Quand un motif est fini, prenez le temps de le regarder pour savoir s’il vous plait. L’avis honnête d’un tiers est toujours le bienvenu. Peut-être que cela vous obligera à refaire une partie de la broderie. Oui ? Non ? Choix cornélien. Sur le moment, c’est toujours difficile de trouver le courage de refaire mais si l’ouvrage est bien engagé, ce serait dommage de le gâcher pour une décision absurde liée à un moment de découragement. Quand vous le regarderez plusieurs mois ou années plus tard, vous aurez oublié le temps et l’énergie déployés pour refaire et vous serez fier(e) de votre travail. Alors, la réponse est OUI !

Donc, nous prenons le temps et nous brodons les papillons. C’est un choix personnel de les rajouter car ils ne font pas partie du modèle original. J’avais tout simplement envie de broder un papillon en relief.

Première chose, trouver un modèle de papillon, le mettre à la bonne grandeur et réfléchir aux couleurs. J’ai donc décidé d’échantillonner sur un autre tissu. Grand bien m’en a pris car la première version était très moche et mal réfléchie ! C’est l’essai en bas à gauche.

Ensuite pour un papillon en relief, il faut réfléchir à la position des ailes. Je me suis rendue compte que sur l’essai en haut à gauche, les deux ailes destinées au relief étaient brodées en une seule pièce : cela n’est pas réaliste, elles doivent être indépendantes.

Troisième essai transformé car le corps avec les deux ailes fixes fonctionne (c’est celui en haut, au milieu). Il sera donc rebrodé directement sur la soie et les deux ailes en relief sont prêtes à être découpées puis fixées sur l’envers de la soie, ce qui donnera le relief .

Et maintenant, le coeur de la fleur centrale.

Là aussi, j’ai pris de la distance par rapport au modèle original car je n’aimais pas trop la manière dont il était traité. Après tout, rien n’oblige à suivre complètement un modèle. Il est toujours bon et agréable de suivre son instinct et de garder son libre-arbitre.

La partie supérieure est travaillée en longs points lancés avec plusieurs brins de violets mélangés. Il est donc important de fixer ces longs points avec un treillis de violet foncé sinon, une fois la broderie détendue, les fils ne resteront pas en place.

Pour la partie inférieure, retour aux fondamentaux de la broderie or concernant le bourrage qui est constitué d’une cartonnette découpée au gabarit du motif. Il est recouvert avec du mouliné argent fixé au point de boulogne à chaque extrémité.

ET VOILA, LA BRODERIE EST FINIE !

Cet article étant long, je réserve la partie encadrement pour le prochain voyage.

Broderie or

Dernier pétale de la fleur en broderie or

Nous voici arrivés au dernier pétale de la fleur centrale. Vous retrouverez les précédents articles sur le sujet ICI, LA et encore LA.

Ce dernier pétale ressemble fort au troisième puisque le bourrage est effectué avec des mèches de coton recouvertes de fil or.

Certes, mais le travail du fil n’est pas le même. Voici deux photos en gros plan.

Sur la première photo qui correspond au troisième pétale, j’ai utilisé du diamant grandé. Il s’agit d’un seul fil qui court d’un bout à l’autre en allers/retours, il est fixé avec du mouliné métal violet au bord du pétale, avant et après chaque mèche. Il n’y a pas de points de fixation intermédiaire.

Sur le dernier pétale, j’ai testé une autre méthode en utilisant six brins de mouliné or qui sont régulièrement coupés selon les règles de la broderie or enseignées dans le livre du Ruth Chamberlin. Dans les espaces non méchés, le fil or est maintenu par des points réguliers au fil violet posés en quinconces.

Ce remplissage me semble donner un beau résultat qui récompense le temps de travail pour rentrer tous les fils sur l’envers de l’ouvrage et la difficulté à poser régulièrement les points en quinconces.

Les deux méthodes sont validées.

Laquelle choisir quand on est face à son ouvrage ? Comme toujours, je fais une réponse de Normand : le choix se fait souvent en fonction de la forme à remplir et il faut surtout prendre le bon fil pour la bonne technique. En l’occurrence, je pense que le mouliné or aurait été une bonne solution pour les deux techniques. Ensuite, vous faites un essai, ce qu’on appelle échantillonner, et si nécessaire, vous recommencez !

Nous verrons le coeur de la fleur la prochaine fois car, après avoir bien transpiré sur le dernier pétale qui m’a demandé une certaine concentration, je préfère me reposer en brodant le contour qui est plus simple.

On y trouve de petites fleurs dont les pétales sont travaillés en peinture à l’aiguille avec un brin de mouliné. La base est légèrement bourrée avant d’être recouverte au passé plat. Rajoutez-y deux petits points de bouclette et quelques points avants… Le tour est joué pour les fleurs.

Pour les tiges, deux brins de moulinés travaillés au point de chaînette. Un brin de mouliné et le point de feuille pour les feuilles, cela va de soi. Pour les pois ovales, un bourrage est indispensable puis on le recouvre au passé plat et on le renforce avec un joli contour au point de Boulogne sur du Diamant Grandé or.

Petit plus, vous apercevez en bas à droite, la tige principale. Elle est travaillée au point de chaînette et est rebrodée avec deux brins de la même couleur pour lui donner un peu plus de relief.

La prochaine fois, on brode les papillons, le coeur et on parle encadrement…